INNOCENCE

Rien à voir avec les aisselles, mais juste un cri d'amour pour ce grand coup de coeur qu'est le nouveau film de Lucile Hadzihalilovic.


A sa vision, on pense à pas mal d'autres films comme "Pique nique à Hanging Rock"ou "la compagnie des loups" qui traitent du même sujet de l'éveil à la sexualité et du passage fantasmagorique de l'enfance à l'adolescence, mais "Innocence" garde un style et  une atmosphère qui lui restent propres.
On pense aussi beaucoup au film de Chabrol "Alice ou la dernière fugue".
Ce qu'il y a de plus fascinant dans le film c'est sa manière de nous renvoyer à notre propre perversité. En effet, la mise en scène prodigieuse ballade le spectateur de bout en bout pour l'amener sans cesse à attendre l'indiscible, alors qu'au final le titre du film est scrupuleusement respecté : le film ne parle que d'innocence et ne parlera que d'innocence jusqu'à la dernière minute.
Une subtile manipulation que seule une mise en scène experte pouvait produire!

Film métaphore à ne manquer sous aucun prétexte, il faut d'autant plus l'encourager qu'il n'est distribué que dans un nombre très restreint de salles.

Et pour les fans de Gaspard Noé, vous pourrez apprécier les similitudes thématiques ou de mise en scène entre leurs films respectifs.

Vraiment un film très osé, qui ne ressemble à aucun autre et qui, au lieu d'offrir une triste chute commerciale que regretteront certains, va jusqu'au bout de son audace en offrant à chaque fois l'exacte inverse de ce qu'attend le spectateur habitué aux effets formatés.

Vraiment très déroutant ce vrai jeu avec le spectateur et en plus des images d'une véritable beauté et un travail fantastique sur le son.